
Déjà vu
Je me regarde dans le miroir, et tout ce que je vois
C'est une galaxie vide qui me fixe
Mes rayons de miel couleur chocolat noir
Ils scintillent à la lumière
Autrefois toujours en mouvement
Autrefois pleins de vie
Et pourtant, soudain, un vide immense
Un soleil obscurci, qui efface les couleurs
L'horloge sonne minuit trente-trois
Le temps s'est arrêté pour moi
Je regarde à ma gauche et je vois vingt-trois versions de moi
Chacune, un fragment de ce que j'étais, et de ce que j'aurais dû devenir
Son eyeliner se mêle à ses larmes
Elle me sourit
Tandis que des couteaux me transpercent à répétition
Son expression, peu rassurante
Est dénuée d'espoir, mélancolique
Et elle dit : « Ça finira bientôt, un jour. »
Mais la pluie acide ruisselle sur mes joues
Le chemin qu'elle trace est une douleur sans fin
Sur mon collier tout neuf, tu ne vois pas
Comme il est ferme, serré à l'extrême
Si je On m'a demandé de voir les étoiles.
Accepterait-il de m'y emmener ?
J'entrouvre mes lèvres gercées et desséchées.
Pour voir si les mots jaillissent.
Un réservoir de vocabulaire.
Se déverse dans la Mer Morte.
Et je ne vois que des cris étouffés.
Noyant mes supplications désespérées.
Pour m'échapper dans un sanctuaire.
Mais il n'y a pas d'endroit sûr pour moi.
Piégée dans ce purgatoire.
Coincée entre moi et la liberté.
Une ombre de pure misère.
Je me regarde à nouveau dans le miroir et je vois.
De retour sur le pont, la pierre et les arbres.
Les mains de l'ombre sur moi.
Volant des fragments.
De qui j'étais et de qui j'étais.
De 2020 à 2023.
Étais-je condamnée à répéter l'histoire ?
